Banc carrelé trempé dans un hammam saturé de vapeur, gouttes d'eau sur la porte vitrée embuée et bois du sauna derrière

Sauna ou hammam

90 °C secs d’un côté, 45 °C à 100 % d’humidité de l’autre.

Sportif pro, basé en Thaïlande. J’ai un hammam et un sauna dans ma résidence. Je les enchaîne tous les dimanches, mon jour off, avec la piscine entre les deux.

La réponse courte

Le sauna finlandais chauffe l’air entre 80 et 90 °C avec 10 à 20 % d’humidité. Le hammam tourne entre 40 et 50 °C, le plus souvent autour de 45, avec 100 % d’humidité. Deux fois moins chaud, cinq fois plus humide.

Si tu dois trancher : le hammam pour tenir longtemps et pour le confort, le sauna pour la dose de chaleur, pour la récupération après un entraînement dur et pour tout ce qui touche au poids. Si tu peux avoir les deux, tu ne choisis pas, tu les enchaînes. Hammam d’abord, sauna pour finir. J’explique lequel faire en premier et pourquoi cet ordre est plus confortable.

Critère Sauna finlandais Hammam
Température 80 à 90 °C 40 à 50 °C
Humidité 10 à 20 % 100 %
Durée par passage 8 à 15 min 15 min sans forcer
Ce qui coule sur toi ta sueur sueur et vapeur condensée
Respiration air sec, gorge sèche air lourd, plus dur
Chez soi cabine ou tonneau posé chantier étanche

La vraie différence n’est pas la température

Tout le monde compare 90 degrés à 45 degrés puis s’arrête là. C’est le mauvais chiffre.

Ce qui change tout, c’est l’humidité. À 90 degrés dans un air sec, ta sueur s’évapore au fur et à mesure. Cette évaporation te refroidit en permanence, c’est ce qui te permet de tenir dans une pièce beaucoup plus chaude que ton corps. C’est aussi ce qui explique combien de temps tenir selon la température de la cabine.

À 100 % d’humidité, l’air est déjà saturé. Il ne peut plus absorber une goutte de plus. Ta sueur ne s’évapore pas, elle ruisselle. Tu perds ton principal système de refroidissement. C’est pour ça qu’un hammam à 45 degrés te chauffe autant qu’un sauna beaucoup plus chaud.

Ce que ton corps fait de la vapeur

Il y a un deuxième phénomène que personne ne mentionne.

Ta peau est plus froide que l’air du hammam. La vapeur d’eau qui la touche se condense dessus, exactement comme la buée sur une vitre. Donc l’eau qui coule sur toi dans un hammam est un mélange de deux choses : ta sueur plus l’eau de la pièce qui s’est déposée sur toi.

Tu peux avoir l’impression d’être trempé au bout de cinq minutes sans avoir perdu grand chose. Dans un sauna sec, ce qui coule vient uniquement de toi.

Respirer, le seul vrai défaut du hammam

C’est le point qui me gêne. C’est le seul.

Dans un hammam, l’air que tu inspires est déjà saturé d’eau. Ton appareil respiratoire, qui humidifie normalement l’air entrant, n’a plus rien à faire, mais il reçoit un air lourd et chaud. La respiration devient plus laborieuse, surtout après dix minutes.

Dans un sauna, l’air est brûlant mais sec. Il pique le nez au début, il assèche la gorge, beaucoup de gens trouvent ça plus dur les premières fois. Sur la longueur c’est l’inverse : le sauna se supporte moins longtemps en durée, mais chaque minute y est plus facile à respirer.

Sauna ou hammam pour la pesée et la perte de poids

Pour couper le poids avant une pesée, c’est le sauna. Parce que l’eau qui coule sur moi, c’est ma sueur, pas l’eau de la pièce. Au hammam je ne peux pas savoir ce que j’ai réellement perdu tant que je ne suis pas monté sur la balance. Au sauna, ce qui part, c’est moi.

Avant un combat, je passe au sauna pour descendre sur la limite de ma catégorie. J’y perds deux kilos, que je reprends en trois heures dès que je recommence à boire.

Ce qui amène au point important : ni l’un ni l’autre ne fait maigrir. Tu perds de l’eau, tu la reprends en buvant. Ça marche très bien pour passer sous une limite le vendredi soir devant un commissaire. Ça ne fait pas perdre un gramme de gras.

Ce que je bois derrière

Après une séance longue, je bois deux litres. En France je prends de la Saint-Yorre, ailleurs j’ajoute du sel gris non raffiné à mon eau. La raison est simple : ce que tu perds en suant, c’est essentiellement du sodium, entre 200 et 1800 mg par litre de sueur selon les personnes. Une eau minérale ordinaire en contient 5 à 15 mg par litre, autant dire rien. La Saint-Yorre en contient plus de mille.

Le magnésium et le potassium, dont tout le monde parle, se comptent en milligrammes et se rattrapent sans y penser. L’eau seule reste le minimum. Derrière, je mange un vrai repas, avec des glucides et du sel.

La détox par la sueur

Elle n’existe pas.

Ni le sauna ni le hammam ne servent à éliminer des toxines. Ce travail est fait par le foie et par les reins, pas par les glandes sudoripares. La sueur, c’est de l’eau, du sodium et du chlorure, avec des traces du reste. La détox par la sueur est pourtant écrite sur presque toutes les pages qui traitent le sujet, y compris celles qui sont premières sur Google. C’est la même confusion que sur l’infrarouge, qui est encore un autre objet.

Les vrais effets documentés de la chaleur sont ailleurs : la vasodilatation, la baisse de la tension, la détente musculaire, le sommeil.

Sur ce terrain, la seule des deux qui dispose de données solides, c’est le sauna. L’étude finlandaise de Kuopio a suivi 2 315 hommes pendant une vingtaine d’années et a comparé ceux qui faisaient une séance par semaine à ceux qui en faisaient quatre à sept. Le second groupe présentait une mortalité cardiovasculaire nettement plus basse. Elle porte sur le sauna traditionnel. Il n’existe pas d’équivalent de cette ampleur pour le hammam, ce qui ne veut pas dire qu’il ne fait rien, seulement que personne ne l’a mesuré à cette échelle.

Lequel après le sport

Après un entraînement dur, je prends le sauna.

La chaleur sèche monte plus haut, la séance est plus courte, le passage au froid juste derrière est plus net. C’est ce contraste qui fait le travail sur des jambes qui ont pris du run et des kicks pendant une heure.

Le hammam après le sport n’est pas une erreur, il est simplement moins efficace pour ça. Il est excellent en revanche un jour de repos, quand tu ne cherches pas un choc mais une heure tranquille.

Une précision sur le moment : quand la séance est longue, je termine au moins deux heures avant de me coucher. En dessous, le corps n’a pas fini de redescendre en température et le sommeil en pâtit.

Lequel si tu es sensible des bronches

C’est une question qui revient beaucoup. La réponse n’est pas celle qu’on lit partout.

Le hammam est souvent présenté comme bon pour les voies respiratoires. Sur un nez bouché par un rhume, la vapeur chaude soulage effectivement sur le moment. C’est du confort immédiat, pas un traitement.

Pour l’asthme, c’est moins simple. L’air chaud et saturé peut soulager certaines personnes et en gêner d’autres. Il n’y a pas de réponse unique. Je ne vais pas t’en inventer une. Si tu es asthmatique, la seule chose sensée est de tester court, une fois, puis de voir ce que ça donne sur toi.

Côté sauna, l’air sec assèche les muqueuses. Ça peut irriter au début, ça passe généralement avec l’habitude.

Lequel installer chez soi

Le sauna est plus simple à installer, de loin. Une cabine ou un tonneau se posent dans un jardin ou dans une pièce, avec un poêle électrique sur une ligne dédiée ou un poêle à bois. Pas d’étanchéité à gérer, pas de générateur de vapeur.

Le hammam demande une pièce entièrement étanche, un carrelage ou un enduit adapté, une évacuation, un générateur de vapeur. C’est un chantier, pas une livraison. C’est pour ça qu’on en trouve dans les résidences et les salles de sport, beaucoup moins dans les jardins.

Si tu veux la chaleur chez toi sans travaux, la question ne se pose même pas.

Mon dimanche avec les deux

Hammam quinze minutes. Piscine, le temps de redescendre. Sauna cinq à dix minutes. Et je reboucle, trois à quatre fois.

Le temps de piscine s’allonge à chaque tour, la sensation de chaleur s’accumule d’un passage à l’autre. J’ai détaillé ailleurs dans quel ordre les enchaîner et combien de temps tenir à chaque passage.

La piscine est à 27 degrés parce qu’on est en Thaïlande. Je la préférerais à 23 pour ressentir un vrai choc. Le bain froid serait l’idéal, mais il est à la salle, pas dans ma résidence, donc j’adapte. Dans un bac digne de ce nom, à quelle température le froid travaille vraiment change complètement la donne.

L’objectif de ce dimanche n’est pas la performance. C’est suer beaucoup et me détendre. Ce n’est pas le même usage que ma séance de sauna après l’entraînement en semaine.

Questions fréquentes

Sauna ou hammam, lequel est le plus chaud ?

Le sauna, largement : 80 à 90 degrés contre 40 à 50 pour le hammam. Mais le hammam se ressent plus fort qu’il n’est chaud, parce que l’humidité à 100 % empêche ta sueur de s’évaporer et donc de te refroidir.

Lequel fait le plus transpirer ?

Tu as l’impression que c’est le hammam, parce que tu ruisselles tout de suite. En réalité une partie de ce qui coule est de la vapeur condensée sur ta peau. En perte réelle mesurée sur une balance, le sauna sec fait plus.

Peut-on faire les deux dans la même séance ?

Oui, c’est même ce que je fais. Hammam en premier, froid, puis sauna. Trois à quatre tours.

Sauna ou hammam pour maigrir ?

Aucun des deux. Ce que tu perds est de l’eau, tu la reprends en buvant. Le sauna est simplement plus efficace pour passer sous une limite de poids un soir de pesée.

Combien de temps rester dans un hammam ?

Autour de quinze minutes par passage, ce qui est plus long qu’au sauna où on tourne plutôt entre huit et quinze selon la température de la cabine.